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Recyclage. C’est une des résultantes de la loi sur la transition énergétique d’août 2015 : à partir du 1er janvier 2017, les professionnels de l’entretien automobile auront l’obligation de proposer à leurs clients des pièces de réemploi. Une disposition qui s’appliquera dans un cadre précis mais à laquelle les concessionnaires, garagistes et les déconstructeurs se sont préparés.

Le réemploi, nouvel horizon des professionnels de l’auto

Le neuf ne sera plus forcément la norme en matière de réparation automobile, à compter du 1er janvier 2017. C’est à partir de cette date que va entrer, officiellement, en vigueur, une disposition, publiée le 31 mai dernier au Journal officiel, et qui était prévue dans un amendement à la loi sur la transition énergétique d’août 2015. 2017 marquera donc, pour les garagistes et autres concessionnaires, l’apparition d’une nouvelle obligation : celle de proposer à leurs clients des pièces de réemploi, issues, donc, du recyclage de véhicules hors d’usage. Le décret concerné précise « le professionnel qui commercialise des prestations d’entretien ou de réparation de voitures particulières et de camionnettes (...) permet au consommateur d’opter pour l’utilisation de pièces de rechange issues de l’économie circulaire à la place de pièces neuves ». 

Cette disposition, les milieux professionnels concernés l’avaient anticipé et s’y sont, en grande partie préparés, même si, du côté des garagistes ou distributeurs de véhicules, on perçoit un peu la chose comme une nouvelle couche d’obligations, dans un univers où la simplicité n’est déjà pas la règle. Il faudra néanmoins s’y plier, sans oublier pour autant que cette disposition législative ne concerne pas la totalité des pièces d’une automobile. Le réemploi ne sera autorisé que pour des éléments de carrosserie, ou d’éclairage mais aucun dispositif de sécurité, du type organes de freinage ou colonne de direction, par exemple, ne pourra en faire partie. 

« Cette disposition découle en grande partie de la COP 21, dans laquelle le concept de l’économie circulaire a pris une large place,précise Bernard Guyot, dirigeant d’un groupe de distribution automobile et président du Conseil national des professions de l’automobile (CNPA) de Côte-d’Or. Elle va modifier nos modes de fonctionnement. On s’interroge toutefois, dans le cas de voitures récentes, sur le potentiel de pièces à récupérer. Si nous avons dans notre atelier une voiture récente à réparer, qui a subi un choc à l’avant et que, par ailleurs, on sait que 85 % des voitures toutes aussi récentes, hors d’usage chez les déconstructeurs, ont subi un choc avant, on peut s’interroger sur la capacité de pièce de réemploi dont on pourra disposer... L’intérêt de la mesure, je le trouve plus sur l’entretien de véhicules âgés de 5 à 10 ans. Dans ce cas, le marché de la déconstruction nous propose des produits intéressants, notamment en matière de prix de revient. Le secteur s’est bien structuré là-dessus pour gérer de manière fine les stock de pièces disponibles ». 

Bernard Guyot a d’ailleurs passé un accord avec une entreprise de déconstruction, en l’occurrence, Bourgogne Recyclage. Par ailleurs, les constructeurs eux-mêmes s’organisent pour disposer de pièces de réemploi. C’est le cas du groupe Renault qui s’est associé avec Suez au sein d’une société commune baptisée Indra, afin d’être concrètement présent parmi les acteurs de ce marché au fort potentiel.

Quid des tarifs d’assurances ?

Le président du CNPA local s’interroge toutefois sur un aspect de la question: « je trouve que les consommateurs ne se préoccupent pas assez d’un aspect précis du problème : est-il normal qu’un client dont la voiture est assurée, paye le même prix d’assurance, pour de la pièce d’occasion ou pour de la pièce neuve ?... Il faudra bien qu’à un moment ou à un autre, il y ait aussi une répercussion pour le consommateur à ce niveau ». Du côté des spécialistes de la déconstruction et de la récupération de pièces auto, l’entrée en vigueur de la nouvelle disposition résonne en tout cas comme la promesse d’un développement d’une activité pour laquelle ils s’étaient d’ailleurs préparés. C’est le cas, notamment, pour Bourgogne Recyclage qui dispose d’un site sur la zone industrielle de Longvic, repris en 2005 et qui a bénéficié, depuis 2013, de 2,5 millions d’euros d’investissements. 

5.000 véhicules passent dans ses ateliers chaque année. Geoffroy Sécula, son dirigeant, le confirme : la clé, désormais, pour offrir une performance à la hauteur de la nouvelle donnée du marché apportée par l’obligation de proposer de la pièce de réemploi, c’est la gestion fine des stocks: « les véhicules hors d’usage qui nous arrivent sont expertisés afin de faire un tri précis des pièces réutilisables. Il faut savoir que, depuis janvier 2015, 95 % de la masse d’une voiture doit être recyclée, soit en pièces de réemploi, soit sous forme de matière brute à valoriser. Nous disposons d’un logiciel d’exploitation qui nous donne un accès direct à nos stocks. Je ne pense pas que la nouvelle disposition aura un impact sur la typologie des pièces concernées, mais sur leur volume, certainement ». Dans cette entreprise, la gestion de la déconstruction d’une voiture est directement liée au niveau de demande de certaines pièces.

Une part grandissante pour la clientèle professionnelle

C’est aussi le cas chez Acycléa, sur la zone industrielle de Saint-Apollinaire (1.200 véhicules déconstruits par an). Pierre Chapet, son directeur d’exploitation insiste même sur le fait qu’une part non négligeable des véhicules collectés par l’entreprise pour être détruits sont souvent très récents et affichent des kilomètrages faibles. « On travaille beaucoup avec les compagnies d’assurance, précise-t-il, et, d’une certaine manière, nous étions déjà préparés à la nouvelle disposition sur les pièces de réemploi, dans la mesure où une part grandissante de notre chiffre d’affaires s’effectue déjà avec des professionnels de la réparation. 

En cinq ans, cette part est passée de 20 % à 32 % du chiffre d’affaires ». Pour Bourgogne Recyclage comme pour Acycléa, les canaux de distribution sont donc déjà là avec, de part et d’autre, des gestions de pièces détachées où la traçabilité est le maîtremot, des systèmes de vente en ligne (chez Bourgogne Recyclage), un broyeur pour la valorisation matière (chez Acycléa), et une attention plus forte portée sur les capacités de stockage de pièces détachées, qui deviennent maintenant une marchandise valorisée, et à protéger de manière plus élaborée.

Berty Robert

Reportage