IdentifiantMot de passe

Bonjour,
Le groupe de presse économique ForumEco rassemble un ensemble de journaux hebdomadaires régionaux habilités à publier les annonces légales
Nos services
Nous Contacter !

  • Abonnez-vous
  • Appels d'offres par e-mail
  • Alerte Annonces légales

L'article de la semaine

Champagne. Fondée il y a 80 ans, la Coopérative du Mesnil-sur-Oger poursuit son essor, entre développement stratégique et poursuite de sa politique de qualité au coeur de la Côte des Blancs.

UPR : 80 ans et une jeunesse intacte

Nous ne sommes pas la plus ancienne coopérative mais nous sommes la première à avoir relié toute la chaîne, du pressurage à la commercialisation, en 1952 », explique Gilles Marguet, directeur de l’Union des Propriétaires Récoltants (UPR). Fondée en 1937 par des habitants du Mesnil-sur-Oger, la coopérative lance, dès le début des années 50, la commercialisation de son propre vin et crée sa marque : Le Mesnil Grand Cru. Forte de 702 adhérents pour 318 hectares d’approvisionnement, elle est aujourd’hui encore la principale coopérative de l’Union Champagne1, qui fédère 15 coopératives. 

Sa réussite s’appuie certes sur un positionnement géographique hors pair, au cœur de la prestigieuse Côte des Blancs mais aussi sur une stratégie de développement équilibrée, entre tradition, investissement et croissance raisonnable. « Nous commercialisons 150 000 bouteilles par an et nos adhérents reprennent près de 200 000 bouteilles. Cette commercialisation représente environ 8% de notre chiffre d’affaires et 5% du volume total de notre production », note le directeur qui pressure chaque année 3,3 millions de kg de raisin.

Création d’un ratafia blanc de blancs

La coopérative compte d’ailleurs deux marques : Le Mesnil Grand Cru, dont la provenance est 100% du terroir de la commune et les cuvées Sublime (rosé et millésime). « Nous préparons aussi la sortie d’un ratafia blanc de blancs en septembre 2018 ». Une gamme totalement différente dont le travail s’apparente presque davantage à celui d’un parfumeur qu’à une vinification classique. « Faire un ratafia à partir de Chardonnay est assez osé mais nous ne voulons pas laisser tomber dans l’oubli un pur produit champenois. C’est aussi un produit avec lequel nous voulons faire plaisir à nos adhérents. Et il faut toujours savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va », précise Gilles Marguet. Dans le même esprit, l’UPR continue à produire une gamme confidentielle de Coteaux blancs champenois. « C’est un vin dont nous vendons à peine quelques centaines de bouteilles par an, mais là aussi il est important pour nous de ne pas oublier ces produits ». 

En septembre 2018, l’UPR va même lancer une cuvée Héritage, issue d’un assemblage de ses 7 meilleurs millésimes en stock. « Elle est créée, on travaille maintenant sur la finalisation de l’habillage », annonce le directeur. 

Mais, pour la coopérative qui a réalisé un chiffre d’affaire 2016/2017 de 26,8 M€, la principale activité reste la vente aux négociants. « Nous avons d’excellents partenariats avec les grandes Maisons où nos vins finissent très souvent dans les grandes bouteilles. Le Chardonnay du Mesnil donne un vin racé qui peut être le tuteur ou la colonne vertébrale d’une cuvée spéciale ». Un vignoble du Mesnil classé 100% Grand Cru qui représente la moitié des approvisionnements des adhérents l’autre moitié étant issus du reste de la Côte des Blancs. 

Et si elle cherche à renforcer son positionnement dans le monde coopératif, l’UPR garde des ambitions raisonnables. « Nous ne cherchons pas une progression démesurée de nos volumes ou de nos superficies, mais réaliser de +1% à +2% d’évolution par an. Notre objectif, comme une grande partie de la Champagne, c’est plutôt d’évoluer par la valeur », poursuit Gilles Marguet, qui emploie 22 personnes équivalent temps plein. En 80 ans, l’UPR a observé une évolution de la Champagne et notamment de la Côte des Blancs. « Les parcelles se sont atomisées et ce phénomène est encore plus amplifié chez nous où l’on reste très attaché aux vignes du grandpère ». Ces dix dernières années, la coopérative a ainsi progressé de 297 à 318 hectares et de 500 à 700 adhérents. « À nous de créer un dynamisme qui attire les adhérents, par une rémunération au kg satisfaisante mais aussi des outils performants et un confort de livraison optimal. Car aujourd’hui, l’angoisse des vignerons c’est la vendange. C’est pourquoi nous avons beaucoup investi pour devenir légèrement suréquipé en terme de pressoirs et disposer d’un outil de travail en continu. Au cours des dix dernières années nous avons mis en place une stratégie destinée à moderniser les habitudes de travail et les équipements. Nous avons ainsi rénové deux bâtiments pour près de 10 M€ » .

Objectif viticulture durable

Avec ses 20 pressoirs, l’UPR dispose aujourd’hui d’une capacité de pressurage de 700 000 kg par jour, soit la deuxième capacité de toute la Champagne. Prochaine étape de développement : la viticulture durable. « C’est un accompagnement que l’on doit à nos adhérents pour aller tous ensemble dans une voie qui leur fait parfois un peu peur. Notre viticulture évolue, nous devons nous y adapter. L’enjeu, c’est l’avenir de tous », explique le directeur qui travaille main dans la main avec Union Champagne pour mettre en place un plan à cinq ans. Celui-ci prévoit notamment un plan d’économie d’énergie une diminution de l’empreinte énergétique par la modernisation des groupes de froid et des éclairages, et l’installation d’un équipement photovoltaïque d’appoint. 

En attendant, pour célébrer ses huit décennies d’existence, l’UPR organise une journée portes ouvertes 2 le 9 décembre 2017, histoire de faire découvrir au plus grand nombre l’épopée de cette coopérative pas comme les autres.

1 Fondée en 1966, Union Champagne est aujourd’hui avec 2 330 adhérents implantés sur 1 348 ha, au premier rang des unions de coopératives champenoises pour le classement de ses crus et au troisième rang pour sa production (10 millions de bouteilles vendues en 2014). 

2 Portes Ouvertes samedi 9 décembre 2017 de 10h à 17h, au 32, rue Charpentier Laurain 51190 LeMesnil sur Oger. Contact : upr-lemesnil@ wanadoo.fr - 03 26 57 53 23

Benjamin Busson