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Énergie. Parmi les alternatives pour rouler de manière plus écologique et faire des économies, l’éthanol est en pleine croissance. Produite notamment à partir de betteraves, cette première génération de biocarburants a de l’avenir en attendant d’être complétée par la deuxième génération qui avance vers son industrialisation

La betterave rend le carburant plus vert

La betterave, qui représente la moitié de la matière première utilisée pour production d’éthanol (avec les céréales), voit 15 % de ses surfaces être utilisées pour ce débouché. Eric Lainé, président de la CGB, est donc particulièrement attentif au devenir de la filière : « Je rappelle que l’éthanol est présent dans toutes les essences (lire encadré). L’E10 est aujourd’hui devenu le carburant le plus consommé (43 % contre moins de 34 % pour le SP95) et l’E85 se développe fortement (+45 % au premier semestre 2018 par rapport à 2017) depuis l’homologation officielle des boîtiers ». 

Avec une fiscalité plus avantageuse et la hausse des prix des carburants issus des énergies fossiles, ce marché a de l’avenir et le président des bettersuaviers considère que le bioéthanol a toute sa place «dans le bouquet énergétique de demain ». Il salue d’ailleurs les projets d’aides de collectivités, dont le Grand Est qui va prendre en charge jusqu’à 250 € du coût du dispositif pour 10 000 ménages dans un rayon de 30 km domicile-travail) pour aider les consommateurs à investir dans les boîtiers qui rendent les véhicules compatibles au E85. 

Surtout, Eric Lainé estime que la filière betteraves est tout à fait en mesure de répondre à ce débouché et réfute toute concurrence entre l’alimentaire et le non-alimentaire en ajoutant qu’actuellement 25 % de la production est exportée : « Si l’on augmente l’objectif d’incorporation de bioéthanol (8,1 % en 2019, 8,6 % en 2020 contre 7,5 % aujourd’hui), nous exporterons moins et la diversification de nos marchés permettra une meilleure valorisation ». Au passage, il précise que la production brésilienne atteint à présent 60 % pour l’éthanol contre 40 % pour le sucre. 

La concurrence de l'huile de palme 

Au-delà des objectifs d’incorporation, la CGB note aussi qu’il est nécessaire de développer les stations-service qui proposent du E10 et surtout l’E85, encore très rare sur le territoire national (quinze dans la Marne dont trois à Reims par exemple). « Nous voulons aussi que l’éthanol issu de résidus ne soit pas comptabilisé dans le plafond de 7 % de la directive sur les énergies renouvelables ». Sans s’opposer à la deuxième génération de biocarburants, qui n’est pas encore prête sur le plan industriel, la CGB demande en revanche de la cohérence face à la concurrence de l’huile de palme « dont des dérivés sont déjà incorporés dans toutes les essences », observe Eric Lainé :« Nous revendiquons notre bilan environnemental et souhaitons que l’Etat favorise les productions domestiques de l’agriculture française plutôt que l’importation ». Une mesure a d’ailleurs été votée à l’Assemblée Nationale le 16 novembre (contre l’avis du gouvernement et du rapporteur général du projet de loi de finances 2019) pour exclure l’huile de palme des biocarburants.

Philippe Demoor