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L'article de la semaine

Météorologie. La start-up développe, grâce aux données opérées par les services de météorologie nationaux, des applications dans le domaine agricole et de la qualité de l’air.

WeatherForce concilie météo des villes et des champs

Plus de 10 000 personnes ont déjà téléchargé l’application MétéoPollen lancée fin mars et développée par une start-up toulousaine WeatherForce avec le soutien de Toulouse Métropole. Disponible sur Google Play et l’App Store, elle délivre des informations sur les quantités de pollens de graminées, bouleau et olivier présentes dans l’air. Ces prévisions sur deux jours, basées sur des données opérées par CAMS (Copernicus Atmosphere Monitoring Service) et Météo France ont pour ambition de faciliter la vie des personnes allergiques au pollen, soit 20% de la population française, selon le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA).

Hébergée depuis sa création en 2016 au sein de l’incubateur Nubbo, l’entreprise a été fondée par Chr istine David, rejointe quelques mois plus tard par Pascal Venzac, deux anciens de Météo France. Christine David conduisait au sein de Météo France International des projets de modernisation des services météo tandis que Pascal Venzac était directeur du marketing.

« Au vu de nos expériences réciproques, et sur la base du constat que les services météo des pays en voie de développement n’étaient pas capables d’assurer un niveau de service suffisant vis-à-vis de leur population, de les informer correctement des risques ou des aléas météorologiques, nous nous sommes dit, qu’avec les nouvelles technologies aujourd’hui disponibles, on pouvait créer une structure pour les aider à assurer ce service », explique Christine David.

Le duo planche depuis sur le développement de la plateforme WeatherBox, dans le cadre du projet européen Copernicus. « Le centre européen de prévision météorologique a en effet lancé un appel à projets de monitoring de l’atmosphère pour démontrer de nouveaux cas d’usage des données qu’il met à disposition, détaille la cofondatrice de WeatherForce. C’est sur cette base que nous avons développé l’application MétéoPollen. Pour nous, c’est la démonstration qu’il est possible de mixer des données de sources différentes puisque certaines données viennent du centre européen et d’autres de Météo- France et ensuite qu’il est possible de bâtir un partenariat public-privé entre Weather- Force et un service de météo national. »

Amélioration des rendements

La start-up travaille ainsi en parallèle avec le service de météorologie ivoirien au développement d’une nouvelle application dédiée au domaine agricole, le deuxième axe de développement de l’entreprise avec la pollution ou de manière plus générale la qualité de l’air dans les villes. « Ce sont les sujets les plus problématiques du fait du changement climatique et de l’urbanisation rapide dans les pays en voie de développement », pointe Christine David.

L’application est développée au profit d’une communauté d’agriculteurs de Côte d’Ivoire, en lien avec des industriels de l’agroalimentaire. « 40% de la production mondiale de cacao est issue de Côte d’Ivoire et 80 % de la population ivoirienne vit de l’agriculture, détaille Christine David. Le fait que cette production de cacao soit fortement impactée par les aléas climatiques et météorologiques crée des fluctuations de prix et de qualité très importantes, notamment pour les chocolatiers. Il y a donc un réel besoin de s’assurer de la qualité de la production en incitant les producteurs locaux à améliorer le rendement de leurs parcelles. Une appli météo peut grandement les y aider. » Une étude de l’organisation météorologique mondiale a en effet démontré qu’une prévision météo fiable et régulière pouvait augmenter de 25 % le rendement des terres agricoles.

La start-up prévoit de faire financer par les industriels le développement de telles applications, « les services météo nationaux n’ayant pas les budgets récurrents pour assurer eux-mêmes la maintenance et l’opération de systèmes de production qui leur permettre de diffuser l’information », détaille Christine David.

Après s’être rendue sur le terrain pour « rencontrer les utilisateurs futurs, identifier leurs problèmes, leur mode de fonctionnement, les médias dont ils disposent », l’équipe de WeatherForce (neuf personnes au total) planche aujourd’hui sur les premiers prototypes. « Une autre mission est prévue durant l’été pour faire les premiers tests et nous sommes censés livrés l’application à l’automne pour la nouvelle saison des pluies », ajoute-t-elle.

Levée de fonds

WeatherForce, qui a bénéficié d’une subvention de Bpifrance, finance aujourd’hui le développement grâce à son activité de consultant. Elle mène en effet des missions d’assistance des services météo financés par des bailleurs de fonds internationaux autour d’études de faisabilité et de modernisation, etc. « Ce qui nous permet de garder un lien avec les différents services météo et nous donne une certaine légitimité pour mener d’autres projets », assure Christine David. Des missions ont ainsi été menées en Côte d’Ivoire, en Algérie, au Burundi, au Rwanda...

La start-up, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 150 K€ en 2017, table pour cette année sur 400 K€. « Maintenant que notre modèle économique est validé, nous devons accélérer. Nous projetons des r e c r u t eme n t s d a n s l e d oma i n e c omme r c i a l . Sachant que nous sommes exclusivement positionnés à l’international, cela va sans doute nécessiter une levée de fonds d’ici fin 2019. » Des fonds qui devraient aussi financer une partie de l’important programme d’étude qu’elle vient de lancer. « Nous avons besoin de rendre l’information géographiquement beaucoup plus précise pour pouvoir répondre aux besoins des populations locales et cela va encore nécessiter un travail de recherche conséquent»,confirme Christine David.

Agnes Bergon