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L'article de la semaine

Agriculture. Malgré un contexte économique difficile, le groupe coopératif présente un bon bilan 2018.

Arterris poursuit sa diversification dans l’agroalimentaire

Arterris vient de franchir le seuil emblématique d’1 Md€ de chiffre d’affaires. C’est ce qu’a annoncé Jean-François Naudi, le successeur de Régis Serres à la tête d’Arterris, à l’occasion d’une conférence de presse mi-janvier, à Toulouse au cours de laquelle ont été présentés les résultats du groupe pour l’année écoulée. Le groupe coopératif basé à Castelnaudary a en effet bouclé l’exercice 2017-2018 sur un chiffre d’affaires de 1003 M€ contre 870,5 M€ sur l’exercice précédent. Autre indicateur favorable: la hausse de l’Ebitda (bénéfice avant impôt) passé de 21,5 M€ à 24,3 M€, le résultat d’exploitation s’affichant, lui, à 6,1 M€ contre 5,3 M€ un an auparavant. Malgré les acquisitions opérées l’an dernier (dont celle de La Belle Chaurienne, notamment soit au total 47 M€ investis), le groupe a réussi à ne pas « trop » dégrader sa det te, à 69,6 M€ cont re 64,2 M€ l’année précédente, ce grâce à des fonds propres en progression à 203,6 M€ et une capacité d’autofinancement de 21 M€. Le groupe agroalimentaire, qui s’étend du Gers à la frontière italienne et compte 25 000 adhérents, vient de se doter d’une nouvelle gouvernance. Les activités de la coopérative sont en effet désormais regroupées en trois pôles : agricole (68 % du chiffre d’affaires, soit 645 M€), agroalimentaire avec le groupe Ovimpex (transformation animale), La Belle Chaurienne, Les Bor ies du Pér igord notamment (25 % du chiffre d’affaires, soit 356 M€) et distribution avec les enseignes Gamm Vert, Frais d’Ici, Larroque et Les Fermiers Occitans (7% du chiffre d’affaires, soit 55 M€), à la tête desquels trois présidents délégués ont été nommés, respectivement : Edouard Cavalier, Pascal Levade et Michel Pontier. Une réorganisation rendue «nécessaire par l’évolution qu’a connue Arterris, explique Jean-François Naudi, son président, passé en 10 ans de 500 M€ de chiffre d’affaires à 1 Md€, d’un groupe axé sur le végétal, avec les filières blé dur, tournesol et semences, à un groupe qui se développe dans les filières animales, avec le rachat du groupe Ovimpex, de La belle Chaurienne et de CDL, qui font que le groupe s’implique aussi de plus en plus dans l’agroalimentaire ». 

Coller aux attentes du consommateur 

Pour le nouveau président d’Arterris, il est important de « por ter et défendre les valeurs de la coopération, équité et solidarité. On sait qu’aujourd’hui le monde agricole est en souffrance dans de nombreuses filières. Beaucoup parlent de crise, mais soyons clairs : le monde agricole n’est pas en crise. Il est dans un virage, un changement de modèle, initié par l’avènement de l’agriculture de certains pays, notamment de l’Est , qui nous concurrencent énormément, notamment à l’export et nous mettent un peu en difficulté. Il y a également le problème environnemental que nous devons prendre à bras-lecorps. Et surtout, il y a un changement de modèle de consommation où les gens veulent consommer beaucoup plus local, des produits qui retrouvent de la sécurité alimentaire, des « nutri-aliments », des alicaments. C’est ancré dans les moeurs et il va falloir qu’on s’y adapte. » Pour le nouveau président d’Arterris, le groupe coopératif a dès lors de nombreux enjeux à relever. « Nous allons notamment devoir redonner de la compétitivité à nos filières pour redonner de la visibilité à nos adhérents. Nous avons un territoire qui présente des difficultés mais aussi de nombreux atouts avec un maillage territorial des exploitations très diversifié, qui en font la richesse en termes de production et d’innovation. L’enjeu est de préserver cette diversité, de préserver cette agriculture familiale car les gens attendent de l’agriculture qu’elle défende son rôle dans le développement durable, à la fois sur le plan économique, social et environnemental. Nous avons dans ce domaine un rôle majeur à jouer. » Le groupe; qui envisage de se développer dans de nouvelles filières comme les fruits et légumes, prévoit également de « s’impliquer plus encore dans l’agroalimentaire », en vue de « mieux valoriser la production de ses adhérents producteurs et éleveurs ». Pour gérer ses marques et mieux coller aux attentes des consommateurs, le groupe vient d’ailleurs de se doter d’une compétence marketing.

Agnes Bergon