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Le portrait de la semaine

Anaïs Criado. Passionnée depuis toujours de design et mode, l’Auboise a créé Danaïde, une marque de prêt-à-porter féminin haut de gamme made in France.

Un parcours cousu main

J’ai toujours été soutenue et éduquée par des femmes qui ont vécu beaucoup de choses. Ce sont elles qui ont fait de moi la femme que je suis aujourd’hui ». Pétrie d’un mélange de bienveillance, de créativité et de force, Anaïs Criado a mis un peu de temps avant de croire en son talent. Et si elle a toujours cultivé son goût pour la création de vêtements, elle s’est d’abord essayée à d’autres disciplines avant d’envisager de faire de sa passion un métier. Elle s’est ainsi illustrée dans les domaines du sport, puis en arts appliqués, avant un parcours dans le design et la mode. 

Après sept ans d’études, elle fera même ses preuves comme conseillère de vente. C’est en 2015, qu’elle décide de créer la société Danaïde, une marque de prêt à porter féminin haut de gamme fabriqué en France. Depuis, elle s’investit au fil des jours avec ténacité pour imposer son choix de proposer aux femmes des habits de bonne facture, bien coupés, intemporels et s’adaptant à l’évolution de leur corps. Pantalons, jupes et chemisiers avec cols amovibles sont produits en France à partir de matériaux et de fournitures provenant de l’Hexagone et de productions responsables. 

De son enfance, en Île-de- France jusqu’à l’âge de neuf ans, et dans le Sud-Ouest, près de Tarbes, jusqu’à quinze ans, Anaïs garde le souvenir d’avoir vécu des moments très difficiles à l’école : « À partir de onze ans, j’ai été placée dans une classe spécialisée en sport, option tir à l’arc. Et en 3e, j’ai été troisième championne de France de tir à l’arc en équipe. Mais le sport ne me suffisait pas ». Déjà très créative, attirée par les couleurs et les belles matières, c’est à la maison qu’elle revit. « Aucune paire de rideaux ne résistait à mes coups de ciseaux… Ma mère m’a cherché une orientation en rapport avec mes hobbies, dont le dessin. Elle m’a trouvé une place en Arts appliqués à Toulouse. Mes notes sont alors remontées en flèche », se félicite-t-elle. 

L’histoire de l’art, le design d’objet et d’intérieur lui permettront de s’épanouir et lui serviront de tremplin pour se distinguer en obtenant en terminale une bourse de la fondation Lancôme Carla Bruni-Sarkozy : « Je suis entrée en 2010 à la Parsons Paris School of Art & Design, une prépa aux grandes écoles ». 

Premiers pas dans la mode 

« Au fond, c’est la mode qui m’intéressait, mais me faisait peur. Lors d’un workshop, le styliste milanais Martin Gourrier m’a dit de foncer, que j’étais faite pour ce métier. C’est grâce à lui que j’ai osé aller dans ce milieulà », observe-t-elle. Deux ans après, avec en poche un BTS Design de mode, Anaïs Criado s’inscrit à Mode en duo pour une année complète de stages. Après trois mois en grande distribution à Lille comme styliste infographiste, elle fera ses armes en maison de luxe, dans le 9e à Paris, en tant qu’assistante styliste chez Claudine Ivari. Puis arrive le moment où, un peu désabusée par le milieu de la mode, elle souhaite s’en éloigner - bien qu’elle ait réussi des concours aussi prisés que le DSAA textile (Diplôme Supérieur des Arts Appliqués) et le DMA (Diplôme des métiers de l’Art). 

Après sept ans d’études, qu’elle juge trop théoriques, Anaïs Criado décide d’entrer dans la vie active. Commence alors un autre parcours du combattant, celui des jeunes à qui l’on reproche de ne pas avoir d’expérience ! « J’ai alors pris du recul et décidé de travailler comme conseillère de vente chez IKKS. Je me suis avérée être une très bonne vendeuse, sourit-elle. J’ai vu vraiment ce que les femmes voulaient. C’est la plus belle formation. Elles veulent des tenues harmonieuses, alliant confort et élégance et non pas avoir à choisir entre des collections soit trop jeunes soit trop “mémérisantes” », confie-telle. 

Création de danaïde et arrivée à Troyes 

En 2015, Anaïs Criado crée sa société avec Simon Dalmas, son compagnon. «Danaïde, dont le nom symbolise la création sans fin, est née en avril à Paris. J’y travaillais toute seule au départ. Pendant la journée, je faisais les salons et je rencontrais des experts. Et le soir, j’analysais mes notes avec Simon ». Découragée par de nombreuses personnes, la jugeant trop jeune pour créer sa boîte, elle décide de quitter Paris. 

  • 1991 
    Naissance à Gonesse (Val d’Oise) le 28 février. 
  • 2012
    BTS Design de Mode à Lille. 
  • 2014
    Assistante styliste (Luxe), Paris. 
  • 2015
    Création de Danaïde. 
  • 2018
    Première participation au Salon du Made in France, à Paris

À la faveur d’un nouvel an passé à Troyes, le couple aura un authentique coup de coeur pour la ville. Fin 2016, Simon quitte son poste et rejoint Anaïs dans son aventure entrepreneuriale, côté gestion. Diplômé en ingénierie et spécialiste de la logistique e-commerce, il a toujours travaillé dans le milieu du textile. « On se disait : c’est maintenant ou jamais. Un mois après, on était installés à Troyes ». 

Made in France et production responsable  

Le dernier Salon du Made in France leur a permis d’avoir des retombées très positives et des premières ventes. « Les retours au niveau des vêtements ont été juste incroyables, tant au niveau de la qualité des produits que de celle des matières premières. Une grande partie de nos tissus et de nos fournitures sont français. Le tissu tailleur et la doublure viennent d’Angleterre et d’Italie. Et les fibres de nos tissus tailleur Dormeuil sont issues d’exploitations prenant en compte le respect animal et végétal », souligne Simon. Les façonniers, basés à Nantes, à Lyon, au nord de Paris et à Paris, sont également choisis avec soin. Ce sont les mêmes qui fabriquent les collections des grandes maisons de luxe. « Nous rendons accessibles des pantalons de luxe », fait valoir Anaïs. 

Projets et développements 

« Nous avons été approchés par la Chanvrière de l’Aube. La fibre de chanvre est écoresponsable et permet de réaliser des tissus esthétiques et dotés de grandes qualités de toucher, de résistance et de durabilité », explique la directrice artistique de Danaïde. Parmi les autres projets à court et moyen termes figurent l’embauche de personnel ainsi que la création de points de vente physiques. Sans oublier la réhabilitation d’une usine à Troyes afin de disposer d’ici cinq ans de leur propre atelier.

Nadine Champenois