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Le portrait de la semaine

Christian Bec. Entre son implication dans les associations et celle dans les réseaux de soutien aux entreprises, le vice-président de Syntony semble être sur tous les fronts.

Technophile inspiré

Si c’est pour parler de Syntony, c’est Joël Korsakissok le patron » , avait-il répondu à notre sollicitation, désireux de ne pas prendre la lumière pour un autre. Mais, au-delà de son rôle au sein de cette entreprise en pleine croissance, c’est bien son parcours qui nous intéresse. En effet, Christian Bec semble ne rien faire vraiment comme tout le monde, et ça lui réussit. Il s’adapte et profite des opportunités pour rebondir et se lancer de nouveaux défis. « Je n’ai jamais fait un job plus de cinq ans, souligne-t-il. Mon défaut, c’est que je m’ennuie vite. Ce qui me plaît, c’est d’apprendre. » Un trait de caractère qui explique sans doute ses multiples activités. Christian Bec termine en effet son deuxième mandat à la tête du Club Galaxie, s’investit dans la French Tech, dans l’IRT et préside la Business Success Initiative du pôle de compétitivité Aerospace Valley, dont il a été le trésorier. Christian Bec s’occupe aussi de la distillerie de whisky Twelve qu’il a fondé à Laguiole en 2014 avec des amis. Une hyperactivité qui ne l’empêche pas de vouloir tout faire au mieux. « Je vais au bout des choses. Tout est possible, assure-t- il. Ma femme dit que je suis un peu maniaque. Si on ne fait pas les choses bien, il ne faut pas les faire. » Amateur de musique, il a ainsi débuté la guitare. «Mais ma femme m’a dit que je n’étais pas doué, alors j’ai arrêté. » 

Passionné de technologie depuis toujours, «mais pas du tout geek », ce natif de Rodez débarque à Toulouse en 1983 pour ses études. Il obtient un DUT Génie mécanique spécialisé dans les techniques aérospatiales. Il commence en parallèle à passer son brevet de pilote mais arrête rapidement, « asphyxié financièrement ». Il attendra 2010 pour obtenir son brevet avant de prendre rapidement la présidence de l’aéroclub Toulouse Midi-Pyrénées. «Mais je ne vole pas assez, malheureusement, faute de temps. » Après son DUT, le jeune homme décide de s’inscrire à l‘université. Mais devant les remarques d’un professeur pour qui « il n’a rien à faire là alors qu’il a choisi des études courtes », il abandonne ses études et commence à travailler pour la Société d’études et de recherches Legrand (Serleg) puis effectue son service militaire dans le génie, à Castelsarrasin. À sa sortie, Christian Bec enchaîne rapidement avec un poste au bureau d’études de Thales. « Je dis toujours que je suis resté une demi-journée au chômage. Mais c’était une autre époque », plaisante-t-il en buvant son café-crème au Florida, où il semble avoir ses habitudes. Il ne reste que quatre mois au sein du groupe aérospatial avant de réintégrer le bureau d’études de Serleg, qui l’envoie en détachement chez Matra (aujourd’hui Airbus Defence & Space). « Je devais y aller pour quelques mois, j’y suis resté cinq ans. » Là, il découvre véritablement l’ambiance des grands groupes et sent bien que s’il veut évoluer, il doit passer un diplôme d’ingénieur. 

  • 1965
    Naissance à Rodez 
  • 1985
    DUT en génie mécanique, spécialité techniques aérospatiales 
  • 1995
    Diplôme d’ingénieur du Cesi à Labège 
  • 2004
    Rachète BTS Industrie 
  • 2010
    Revend BTS Industrie au groupe Nexeya 
  • 2016
    Quitte Nexeya et rejoint Syntony

Retour aux études donc pour Christian Bec. Il obtient une maîtrise en aérodynamique en formation continue via le Cnam, mais le naturel technophile reprend le dessus. « Cela devenait trop théorique pour moi. J’ai donc arrêté de travailler pour préparer les concours d’entrée aux écoles d’ingénieur. » Ce sera le Cesi à Labège, dont il sort diplômé en 1995 à 29 ans. Presque une revanche pour celui qui n’avait pas continué la fac 10 ans plus tôt, même si Christian Bec s’intéresse davantage au futur qu’au passé. Serleg lui ouvre à nouveau ses portes et il évolue rapidement au sein de l’entreprise. Il devient directeur du bureau d’études, racheté entretemps par BTS Industrie, puis directeur commercial de la société et découvre le management. « Ça me passionne. Pour être un bon manager, il faut aimer les gens. Sinon ce n’est pas possible », juge-t-il. 

fuUn nouveau tournant se présente dans sa vie en 2003. Alors que les dirigeants historiques de BTS Industrie souhaitent prendre leur retraite et que le rachat par Latécoère tombe à l’eau, Christian Bec leur assure sous forme de boutade qu’il croit en l’avenir de l’activité de bureau d’études et qu’il est prêt à le leur racheter. Une déclaration qui ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd puisque le directeur opérationnel de production, François Maréchal, le prend au sérieux et lui propose de racheter BTS Industrie à deux. Déjà marié et père de deux enfants, Christian Bec vend sa maison et se lance dans l’aventure. « J’avais dit à ma femme: "si ça marche, on sera très riches. Sinon, on sera très pauvres parce que je ne pourrai pas rembourser." Elle m’a dit de foncer si j’y croyais. » Après un an à monter le projet, et malgré les heures de travail incalculables, le pari aurait pu tourner court, la faute à une reprise du marché du spatial plus tardive que prévue, en 2006. En grande difficulté, les deux hommes arrivent à renégocier la dette et à passer le cap. « Matra a fait le job. On était un fournisseur-clé et ils nous ont soutenu. » Deux années de croissance permettent à BTS Industrie de repartir et d’entamer un développement continu. L’entreprise passe de 100 à 250 salariés et de 6 à 18 M€ de chiffre d’affaires entre 2004 et 2010, remportant de gros marchés auprès du Cnes, et de Thales. L’opportunité se présente alors d’intégrer le groupe qui deviendra Nexeya et BTS Industrie est vendue, lui permettant de devenir leader européen du câblage spatial grâce au contrat Irridium Next de Thales Alenia Space. « J’aurais pu rester patron de BTS Industrie, mais ce n’était pas les sens de l’histoire, explique aujourd’hui Christian Bec. S’il y a un chemin possible et que c’est le sens de l’histoire, j’y vais. » C’est également cette vision qui l’a conduit à investir dans de nombreuses entreprises prometteuses et d’accompagner notamment Syntony, fondée par son ami Joël Korsakissok, qu’il devrait rejoindre rapidement comme salarié. 

Une aventure commencée en 2009 lorsque les deux hommes ont visité l’usine SpaceX d’Elon Musk et que Joël Korsakissok a eu l’idée de faire la même chose sur les nanosatellites. Alors chez Silicom, il crée Silicom Lab pour développer cette activité et fini par racheter l’entreprise avec l’aide de Christian Bec. « Je mettrai dans ta boîte tout l’argent que tu me permettras d’y mettre », lui dit-il alors. En six ans chez Nexeya, Christian Bec occupe différents postes et devient vice-président du groupe avant de le quitter en 2016 pour s’investir davantage dans Syntony, auquel il croit énormément. « L’entrée d’Antoine Jouin au capital et comme directeur général va permettre d’accélérer le développement », assure le vice-président de l’entreprise, dont il devrait rapidement devenir salarié. Mais Christian Bec continuera ses multiples activités tout en profitant de sa famille. Son secret? « Je pense que le cerveau humain n’a pas de limites, ou très peu. On peut faire beaucoup plus que ce qu’on croit mais on se met trop de barrières. »

Paul Perie